PROJET REGIONAL D’AMELIORATION DES CORRIDORS DE TRANSPORT ROUTIER ET FLUVIAL EN AFRIQUE CENTRALE
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PRACAC : ne pas oublier les populations autochtones

Le projet PRACAC progresse, et avec lui une exigence fondamentale : que les communautés autochtones vivant à proximité ne soient pas laissées de côté. L’élaboration d’un Plan en faveur des Populations Autochtones (PPA) vise justement à créer un cadre pour mieux comprendre leurs réalités, protéger leurs droits et leur permettre de bénéficier du développement.

Le PPA a une double mission. D’une part, veiller à ce que les populations autochtones profitent des retombées du projet. D’autre part, prévenir ou atténuer ses impacts négatifs sur leur culture, leur économie et leurs droits. Il s’agit autant de respecter les normes internationales et la loi congolaise que de construire une inclusion plus juste. Cette démarche s’appuie à la fois sur la Norme environnementale et sociale n°7 de la Banque mondiale et sur la loi congolaise de 2011 qui protège spécifiquement les droits des peuples autochtones. Il est le fruit de consultations menées sur le terrain avec les communautés autochtones elles-mêmes, leurs associations, les ONG et les autorités locales. Une démarche essentielle pour construire une réponse crédible. L’ambition va donc au-delà de la simple prévention des dommages. Il s’agit de construire activement une inclusion plus juste.

Un projet d’infrastructures, mais surtout humain

Le PRACAC est avant tout un projet humain. Dans la zone concernée, les communautés autochtones sont bien présentes. Selon les estimations, elles représentent 4 347 personnes sur les 166 582 habitants de la zone d’influence directe du projet, avec des concentrations importantes à Impfondo, Bétou et Dongou, et une présence plus diffuse dans les localités de Boyélé, Ikpengbélé, Eboko et Malébo. À l’échelle du département de la Likouala, ce sont près de 22 400 personnes.

Ces chiffres rappellent une évidence : on ne peut pas envisager l’avenir de ce corridor sans inclure celles et ceux qui vivent déjà sur ses terres et le long de ses rives.

Le constat est sans appel : ces populations vivent dans une grande vulnérabilité. Beaucoup n’ont pas de titre de propriété officiel sur les terres qu’elles occupent depuis des générations. Elles font face à la discrimination, à l’exclusion et à une pauvreté extrême, tout en subissant des transformations profondes de leur mode de vie et de leur environnement.

Adapter le développement à leurs réalités

La vie de ces communautés évolue avec le monde qui les entoure. Aujourd’hui, 94% d’entre elles pratiquent l’agriculture, même si elle reste majoritairement vivrière. Parallèlement, la cueillette, l’exploitation des produits forestiers, la pêche, ou la récolte du miel et des plantes médicinales restent des piliers essentiels de leur alimentation et de leurs revenus.

Le défi est donc de s’assurer que les améliorations apportées par le projet en matière de navigation, de connectivité et d’échanges, profitent également à ces communautés, sans creuser davantage les inégalités.

Le PPA propose ainsi des mesures très concrètes  :

*   Sécuriser les droits fonciers.

*   Renforcer les activités génératrices de revenus et favoriser l’emploi local.

*   Soutenir spécifiquement les femmes (formation, appui à l’élevage, commercialisation).

*   Planifier les interventions en tenant compte des saisons de pêche et de cueillette.

*   Rendre le mécanisme de gestion des plaintes plus accessible et adapté aux réalités culturelles.

Adapter les recours pour qu’ils soient vraiment accessibles

Le plan soulève un point crucial : les mécanismes de gestion des plaintes existants sont souvent perçus comme étrangers et inadaptés aux réalités culturelles locales. Le PPA recommande de s’appuyer davantage sur les mécanismes traditionnels de résolution des conflits et d’adapter les procédures du PRACAC en conséquence.

Une inclusion sur le long terme

Au-delà des infrastructures, le vrai développement se mesure à la capacité d’un projet à réduire les exclusions, à corriger les déséquilibres et à ouvrir des portes à ceux qui en sont trop souvent privés. Le PPA est là pour rappeler cet engagement : faire en sorte que les populations autochtones ne perdent ni leurs terres, ni leur accès aux ressources, ni leur identité, ni leur voix dans le processus.

En somme, Le PPA du PRACAC a pour but d’assurer que les 4 347 personnes autochtones concernées bénéficient du projet et que ses impacts négatifs soient limités. Pour répondre aux défis de l’insécurité foncière et de l’exclusion, il propose des actions concrètes : sécurisation des terres, inclusion économique, emploi local et mécanismes de plainte adaptés.