Dans le cadre du Projet Régional d’Amélioration des Corridors de Transport Routier et Fluvial en Afrique Centrale (PRACAC), la dimension environnementale et sociale occupe une place centrale. Face aux enjeux écologiques, sociaux, fonciers et sanitaires identifiés dans les zones d’intervention, le projet s’appuie sur une série d’instruments de sauvegarde destinés à encadrer les travaux, prévenir les risques, gérer les impacts et protéger les communautés et les écosystèmes.
Ces outils stratégiques garantissent que les investissements, notamment la modernisation de ports, l’amélioration des voies navigables et la réhabilitation de routes, se déroulent dans le respect des normes internationales. La mise en œuvre du PRACAC est liée à un engagement fort : protéger l’environnement, écouter les communautés, prévenir les risques et garantir que les bénéfices du projet profitent réellement aux populations. Les sauvegardes environnementales et sociales sont au au cœur de son identité. Bien plus que de simples obligations techniques, ces instruments constituent un véritable “bouclier” pour la nature et pour les hommes.
À Mossaka, Bétou, Liranga, Makotipoko ou encore Bangui, les travaux portuaires, fluviaux et routiers s’annoncent structurants. Mais ils se déroulent dans des milieux sensibles : zones humides, berges fragiles, habitats naturels, villages riverains, territoires de populations autochtones…
Pour garantir un développement durable, le PRACAC s’appuie sur un ensemble d’outils stratégiques.
Le Cadre de Gestion Environnementale et Sociale (CGES), constitue la pierre angulaire des sauvegardes environnementales et sociales du PRACAC. Il s’agit d’un outil directeur qui identifie les risques majeurs : pollution des eaux, érosion des berges, qualité de l’air, risques sanitaires, conflits d’usage, VBG, impacts sur la biodiversité, etc.
Il propose également des réponses claires : un système de screening des sous-projets, la préparation des Études d’Impact, des mesures de mitigation obligatoires, des exigences pour les entreprises, un dispositif de surveillance continue.
Le CGES n’est pas un document figé : c’est un guide opérationnel qui accompagne chaque étape du PRACAC.
Pour chaque infrastructure ciblée (ports, quais, tronçons routiers, zones de dragage), le PRACAC exige :
Chaque port, chaque tronçon de route, chaque site d’aménagement fait l’objet d’une Étude d’Impact Environnemental et Social. Ces études vont au cœur des réalités : pollution, faune aquatique, déplacements de population, bruit, poussière, santé des travailleurs…
À partir de ce diagnostic, un Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES) est élaboré pour chaque chantier. Ce plan prévoit : la gestion des déchets, la protection des eaux et des sols,la sécurité des ouvriers, les mesures de prévention des maladies (VIH, IST, COVID-19), la protection de la biodiversité, la surveillance des zones sensibles.
Sur le terrain, ce sont les équipes du projet, les services techniques, les entreprises et les communes qui assurent l’application de ces mesures.
Le PRACAC ne se contente pas de protéger l’environnement. Il protège également les personnes.
Lorsque certains travaux nécessitent la réaffectation de terrains ou la perte temporaire d’activités économiques, le Cadre de Politique de Réinstallation (CPR) et les Plans d’Action de Réinstallation (PAR) garantissent :
Dans les zones de la Likouala, de la Sangha et de la Cuvette, des communautés autochtones vivent à proximité des sites d’intervention.
Dans un projet transfrontalier, la communication est essentielle.
Le Plan de Mobilisation des Parties Prenantes (PMPP), utilisé en RCA comme au Congo, a pour objectif :
Le PMPP est l’instrument qui crée la confiance, condition indispensable pour la réussite du PRACAC.
Pour que chaque citoyen ait son mot à dire, le projet met en place un Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP) accessible à tous : téléphone et numéro vert, formulaires, boîtes à suggestions, plaintes anonymes acceptées.
Un dispositif spécifique est réservé aux plaintes sensibles liées aux Violences Basées sur le Genre (VBG), à l’Exploitation et Abus Sexuels (EAS) et au Harcèlement Sexuel (HS).
La procédure de découverte fortuite : protéger le patrimoine
Cet instrument protège le patrimoine culturel et naturel, conformément à la loi congolaise.
Face au risque de trouver des vestiges culturels, historiques ou archéologiques dans les zones d’aménagement, le projet adopte un protocole strict :
Un engagement : développer sans détruire
À travers tous ces instruments, le PRACAC affirme un principe simple :
Le développement n’est durable que s’il respecte l’humain et la nature.
En intégrant ces outils dans sa gouvernance, le projet garantit :
Les instruments de sauvegarde du PRACAC constituent un système complet et rigoureux destiné à garantir que les infrastructures de transport – routes, ports, voies navigables – soient développées de manière durable, inclusive et socialement responsable.
À travers le CGES, les EIES, les PGES, le CPR, le CPPA, le PMPP et les mécanismes de gestion des plaintes, le projet répond aux exigences nationales et internationales et s’engage à protéger : l’environnement, les écosystèmes, la santé et la sécurité des communautés, les groupes vulnérables, le patrimoine culturel, les droits humains et la cohésion sociale.
Ces instruments ne sont pas de simples procédures administratives : ils constituent le fondement d’un développement résilient, équitable et bénéfique pour l’ensemble des populations riveraines des grands corridors Congo–Oubangui.